Entre Chiens et Loups, une histoire de racisme inversé

Avis sur une série de livres

En ce moment, c’est l’été et pour moi c’est la saison des lectures. Je reviens donc aujourd’hui avec mon avis sur une série de livres qui a plus de 18 ans, enfin le premier tome a été publié en 2001 et le dernier tome l’année dernière. Le nom de cette saga est « Entre Chiens et Loups » (en anglais « Noughts and Crosses » qui se traduit par Zéros et Croix qui fait selon moi référence au jeu du morpion). Ces livres ont été écrits par Malorie Blackman, une femme britannique noire d’origine barbadienne. Lors d’une interview, l’auteure a dit qu’elle voulait écrire sur le racisme qu’elle a subi en Grande-Bretagne et en même temps elle avait envie de le faire sous forme de romans en particulier pour les jeunes. C’est de là que lui ait venu l’idée de « Entre Chiens et Loups ». La saga a été adaptée en une série sur laquelle j’ai donné mon avis, vous pouvez consulter l’article en cliquant ici.

Malorie Blackman, photo officielle sur son site

L’action se déroule dans un monde alternatif où les nations européennes et en particulier le Royaume-Uni ont été réduites en esclavage puis colonisées par les Africains. Les Primas, ou encore les personnes à la peau foncée, contrôlent le Royaume-Uni et détiennent en grande majorité le pouvoir et les richesses. Au contraire les Nihils, personnes à la peau claire, sont pour la plupart pauvres, vivent dans des ghettos et subissent le racisme et la discrimination au quotidien. Un système similaire à la ségrégation (lois Jim Crow) ou à l’Apartheid est en place dans le pays, les écoles, hôpitaux et autres sont séparés entre ceux dédiés pour les Primas et ceux pour les Nihils. En gros, Malorie Blackman a totalement inversé l’Histoire.

Comme elle l’a dit, cette série de romans est principalement pour les jeunes, plus précisément les adolescents. Ça ne m’a pas empêchée de les lire et je dois avouer que j’ai été surprise, je ne dirais pas agréablement surprise. Non pas que je n’ai pas aimé, bien au contraire, c’est juste qu’il faut avoir le cœur accroché, c’est pas toujours une partie de plaisir. Quand il est question de racisme c’est pas pour vous apporter de la joie en général. Pour être plus précise, je m’attendais à une histoire un peu niaise avec une sorte d’amour impossible à la Roméo et Juliette mais en édulcoré pour plaire aux plus jeunes. En effet le premier tome se focalise sur la relation entre Sephy, une jeune fille noire de bonne famille et Callum, un jeune homme blanc fils de bonne. A ma grande surprise, l’histoire n’était pas vraiment niaise, mais ce n’est que mon avis.

Couverture des 4 premiers tomes de la saga avec les personnages principaux

Chaque tome se focalise sur un thème particulier et est directement inspiré de ce que l’auteure a elle-même vécu. L’accès à une bonne éducation pour les Nihils, la représentation de ces derniers dans la presse et dans les médias, l’opposition des méthodes pour lutter contre les inégalités (violence vs pacifisme), le système judiciaire inégalitaire, le ressentiment entre les discriminés et les discriminants, le métissage ou la politique sont autant de sujets abordés dans ces livres. J’ai beaucoup apprécié le fait que le point de vue des différents personnages Primas ou Nihils soit montré. Au début j’ai trouvé un peu frustrant ou réducteur certains comportements ou avis des personnages, en particulier lorsqu’ils sont jeunes, mais je me suis rendue compte que moi aussi mon opinion et ma vision du racisme et de la discrimination a changé et change encore au fur et à mesure que je vieillis. Le sentiment de frustration au fil des livres se dissipe peu à peu et à travers l’évolution des personnages et leurs expériences, leurs avis et leur comportement changent ce qui rend les livres encore plus intéressants.

L’auteure n’a pas peur de montrer la part la plus sombre des personnages ou du système dans lequel ils vivent. Malgré certains actes ou certaines volontés de violence, il n’y a pas de méchants ni de gentils, il y a des êtres humains avec un vécu et même si certains de leurs actes sont tout à fait condamnables ils n’en restent pas moins des humains qui ont des sentiments auxquels on peut s’identifier, plus ou moins.

Comme je l’ai dit plus tôt, oubliez les histoires pour adolescent à l’eau de rose, ici plus qu’une histoire d’amour il s’agit d’une histoire de haine, de lutte, de ruse, de racisme, une histoire de couleur.

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